Si la résilience est pour Boris Cyrulnik la «reprise d’un nouveau développement après un traumatisme», Henry Bauchau a été l’un des intellectuels majeurs qui n’ont pas cessé – suite à la thérapie psychanalytique – de chercher dans l’écriture et par l’écriture des formes de reconstruction et de réconciliation avec un passé marqué par l’expérience déchirante de l’engagement politique durant la seconde guerre mondiale. Une des figures mythiques au moyen desquelles l’écrivain belge parle de son vécu est celle de Prométhée, qui traverse toute son œuvre, de Géologie (1958) et Gengis Khan (1955), où elle se superpose à celle du chef mongol, à l’adaptation libre et «rapprochée du monde actuel» du Prométhée enchaîné (1998) d’Eschyle en passant par La sourde oreille ou le rêve de Freud, où il prête son nom à Hitler. Cet article porte sur Prométhée enchaîné. Si cette adaptation présente encore des affinités lexicales et thématiques avec Gengis Khan, toutefois son protagoniste n’est plus un révolutionnaire se transformant en despote ; il est l’intellectuel capable, grâce au logos et au soutien du chœur féminin qui en partage les peines, de se faire porteur d’un message d’espérance et de changement pour l’humanité. En effet, tout comme dans la partie perdue de la trilogie ancienne, on entrevoit une possibilité de réconciliation, porteuse d’une évolution historique, avec le tyrannique et violent Zeus. Ainsi, de par son attitude contemplative et constructive face à la souffrance, ce dernier Prométhée s’avère bien plus le frère des protagonistes du cycle thébain que du dictateur mongol porté sur scène par Bauchau dans les années cinquante.
Parcours de résilience entre la Grèce ancienne et la modernité. Prométhée dans l’œuvre d’Henry Bauchau / De Bonis Benedetta. - 2:(2021), pp. 1105-1120.
Parcours de résilience entre la Grèce ancienne et la modernité. Prométhée dans l’œuvre d’Henry Bauchau
De Bonis Benedetta
2021
Abstract
Si la résilience est pour Boris Cyrulnik la «reprise d’un nouveau développement après un traumatisme», Henry Bauchau a été l’un des intellectuels majeurs qui n’ont pas cessé – suite à la thérapie psychanalytique – de chercher dans l’écriture et par l’écriture des formes de reconstruction et de réconciliation avec un passé marqué par l’expérience déchirante de l’engagement politique durant la seconde guerre mondiale. Une des figures mythiques au moyen desquelles l’écrivain belge parle de son vécu est celle de Prométhée, qui traverse toute son œuvre, de Géologie (1958) et Gengis Khan (1955), où elle se superpose à celle du chef mongol, à l’adaptation libre et «rapprochée du monde actuel» du Prométhée enchaîné (1998) d’Eschyle en passant par La sourde oreille ou le rêve de Freud, où il prête son nom à Hitler. Cet article porte sur Prométhée enchaîné. Si cette adaptation présente encore des affinités lexicales et thématiques avec Gengis Khan, toutefois son protagoniste n’est plus un révolutionnaire se transformant en despote ; il est l’intellectuel capable, grâce au logos et au soutien du chœur féminin qui en partage les peines, de se faire porteur d’un message d’espérance et de changement pour l’humanité. En effet, tout comme dans la partie perdue de la trilogie ancienne, on entrevoit une possibilité de réconciliation, porteuse d’une évolution historique, avec le tyrannique et violent Zeus. Ainsi, de par son attitude contemplative et constructive face à la souffrance, ce dernier Prométhée s’avère bien plus le frère des protagonistes du cycle thébain que du dictateur mongol porté sur scène par Bauchau dans les années cinquante.| File | Dimensione | Formato | |
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